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La peur du remède est plus forte que le mal



La peur, tout comme la douleur, est un sentiment utile, puisque tous les deux ont pour but de nous protéger. Mais contrairement à la douleur qui est un mécanisme de défense naturelle, la peur est souvent sans fondement et elle nous empêche d’agir ou de prendre des décisions éclairées de manière rationnelle. La peur est l’opposé du courage et bien que ce signal d’alarme nous évite parfois le pire, il reste toutefois un sentiment plus souvent néfaste que bénéfique.

La plupart du temps, les grands changements dans notre vie et nos plus grands accomplissements se produisent lorsque nous faisons fi de cette peur qui est présente en chacun de nous et qui prend différentes formes : la peur de manquer d’argent, de perdre son emploi, d’être malade, de vieillir, etc.

Mais la peur peut quelquefois se comporter comme un virus et générer sa propre pandémie. Elle se communique et nous infecte, qu’elle soit justifiée ou non, elle fait rarement appel à la raison, car son but est de semer le doute et de réveiller en nous les pires craintes. Les réseaux sociaux sont l’endroit de prédilection pour propager la peur et cette dernière n’a nul besoin d’être rationnelle. Les pires peurs sont souvent totalement farfelues et sans aucun fondement et elles trouvent malheureusement preneurs. L'une d'elles est sans conteste que les vaccins sont dangereux ou qu'ils contiennent des substances servant à nous contrôler.


Ce qu’il faut savoir, c’est que les vaccins ont été inventés en 1798. À l’époque, le virus de la variole ravageait la planète et il était redoutablement contagieux : il se répandait par les gouttelettes de salive dans l’air ou par un contact direct avec une personne infectée. Après une période d'incubation de deux semaines, la personne contaminée ressentait une forte fièvre ainsi que de la nausée, mais ce sont les pustules qui recouvraient le corps les jours suivants qui frappaient l’imaginaire collectif.


Ce virus provoquait une véritable hécatombe. Environ 30 % des malades mouraient dans les deux semaines qui suivaient, soit par une insuffisance de divers organes, soit parce que la peau du malade était détruite – un peu comme celle d’un grand brûlé. Ceux qui survivaient étaient scarifiés à vie ou devenaient carrément aveugles. On estime que plus de 300 millions de personnes sont mortes de la variole seulement au 20e siècle, soit de 3 à 6 fois plus que la non moins célèbre grippe espagnole.


Malgré cette hécatombe, en mars 1885, Montréal devient le théâtre d'une imposante émeute anti-vaccination. La population québécoise est réfractaire aux vaccins, les jugeant inutiles et dangereux. Bon nombre de médecins au Canada menaient des campagnes contre ceux-ci. Certains croyaient que le fait d’injecter le virus rendait malade ou que la vaccination n’avait pas encore fait ses preuves. À l’époque, les employeurs demandaient à leurs employés de se faire vacciner, sous peine d’être congédiés et les citoyens qui refusaient de se conformer aux nouvelles mesures sanitaires de la ville recevaient des amendes et étaient menacés d’emprisonnement. Le 28 septembre 1885, des émeutiers mettent le feu au bureau de santé du faubourg de l’est puis se dirigent vers l’hôtel de ville, où des vitres sont brisées. L'émeute dure jusqu'au matin.


N’avez-vous pas l’impression que 136 ans plus tard, c’est toujours du pareil au même? Il semble que même si nous avons marché sur la lune, décodé le génome humain, maîtrisé l’atome et développé l’intelligence artificielle, certaines choses ne changeront jamais, en particulier la bêtise humaine qui est générée par nos peurs.


De nos jours, la grande majorité d’entre nous ont reçu plusieurs vaccins obligatoires lorsqu’ils étaient enfants, tels que les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite et nous ne nous en portons pas plus mal. En France, à partir du 1er janvier 2018, les enfants doivent obligatoirement être vaccinés contre la coqueluche, l’Haemophilus influenza b, l’hépatite B, le méningocoque C, le pneumocoque, la rougeole, les oreillons et la rubéole, ce qui porte le nombre de vaccins obligatoires à 11. Alors pourquoi le vaccin contre la COVID-19 n’est-il pas obligatoire?


Il me semble que puisque le virus de la COVID-19 peut avoir des conséquences mortelles, le bien commun et le droit à la vie pèsent beaucoup plus lourd dans la balance que les libertés individuelles. Ainsi, les personnes qui refuseront le vaccin continueront de mettre leur vie en danger, c’est leur choix, mais ont-ils le droit de mettre la vie des autres en danger? En refusant le vaccin, ils doivent être pleinement conscients qu’ils peuvent être responsables de la mort d’un proche, de quelqu’un de leur entourage ou de parfaits inconnus, personne n’est à l’abri. Personnellement, je ne pourrais pas vivre avec le sentiment que je sois responsable de la mort de quelqu’un, surtout si la cause est due à ma négligence ou mon entêtement.


Bref, rien ne change! Plus de deux siècles se sont écoulés depuis la mise au point du premier vaccin qui a sauvé l’humanité. Mais il y a encore de nos jours des gens pour qui la peur du remède est plus grande que le mal. Cette peur, qu’elle soit justifiée ou pas, ne doit aucunement peser dans la balance si elle met la vie d’autrui en danger et qu’elle enfonce la société encore plus profondément et plus longtemps dans cette pandémie.


Comme vous l’avez constaté, il m’est très difficile de comprendre cette immense vague de crainte suscitée par les nouveaux vaccins contre la COVID-19. Le virus a déjà fait des millions de morts, les vaccins zéro! [COVID-19 = 1,64 million / Vaccin = 0.] Certes, certaines personnes peuvent avoir des effets secondaires, mais tous sont sans conséquence graves et sont réversibles. La COVID-19 peut laisser des séquelles à long terme qui sont parfois irréversibles, la mort étant l'une d'entre elles.


Alors, n'hésitons pas à prendre la bonne décision!


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