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Une goutte d'eau dans l'océan


Récemment, la Ville de Longueuil comptait abattre près de la moitié des cerfs de Virginie qui vivent au parc Michel-Chartrand, estimant que leur surpopulation représente une menace à la survie de cet espace vert. Une quinzaine de cerfs devaient donc être capturés et euthanasiés.


Mais voilà, à la suite d’un lever de bouclier appuyé par l'avocate Anne-France Goldwater qui a apporté son appui à « Sauvetage Animal Rescue », un organisme qui réclamait que la Ville renonce à son intention d'abattre les chevreuils. Les cerfs seront donc sauvés et déplacés.


Certes, c’est une victoire pour les défenseurs des animaux (dont je fais partie), mais c’est aussi une autre démonstration évidente de l’absurdité de certains combats menés par les biens pensants de notre société.


Selon le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, en 2019, 47 600 cerfs de Virginie ont été chassés et tués au Québec et nul doute que les données de 2020 seront similaires. Bref, on octroie des permis de chasse pour l’abatage de près de 50,000 cerfs chaque année et l’on s’offusque lorsque, nécessité oblige, on doit euthanasier une quinzaine de cerfs, dont la viande était destinée à être donnée à des services communautaires.


Au Québec, plus d’un demi-million d’animaux de compagnie sont abandonnés chaque année, dont 50,000 dans la région de Montréal. Seulement 3% vont survivre à cet abandon et retrouver un foyer. C’est une hécatombe, des centaines de milliers de chats et de chiens sont tués chaque année simplement parce que leurs maîtres n’en voulaient plus. Comment se fait-il qu’à l’aube de 2021 nous en soyons encore là ?


Des millions de bovins, porcs et volailles sont élevés et abattus pour l’industrie agroalimentaire au Québec annuellement. Mais voilà, lorsqu’on mange un steak, du jambon, du bacon ou du poulet on n’a pas l’image de la bête au fond de notre assiette.


En 1995, le film « Babe » avait remporté un énorme succès, soit 246M$ US au Box-office international (une somme importante pour l’époque). Curieusement, l’industrie du porc avait connu une chute de ses ventes assez prononcée à la suite de la présentation de ce mignon petit cochon de lait et de ses aventures. Le célèbre « Bambi » de 1942 des studios Disney est encore aujourd’hui bien ancré dans les mémoires, ça nous rappelle qu’un cerf … c’est mignon.


Alors soit on vit dans une bulle ou l’on fait délibérément l’autruche. Cette montée aux barricades pour sauver une quinzaine de cerfs dont la viande aurait pu nourrir des gens dans le besoin ne pèse vraiment pas lourd dans la balance comparée aux millions d’animaux chassés ou euthanasiés chaque année au Québec.


Ce que je dénonce ici ce n’est pas l’industrie agroalimentaire ou celle de la chasse, mais cette forme d’hypocrisie sociale qui semble totalement ignorer les vrais enjeux.


Commençons donc par interdire les usines à chiots et à chats, à exiger la stérilisation des animaux de compagnie (à moins d’être un éleveur certifié), à rendre responsables les citoyens envers leurs animaux de compagnie par des lois qui vont vraiment prévenir la maltraitance et les abandons d’animaux comme c’est encore le cas de nos jours. Tout le monde en parle, mais personne ne semble avoir la volonté de vraiment faire quelque chose.


Bravo, nous avons sauvé une quinzaine de cerfs. Je m’excuse, mais ça me semble vraiment futile, comparer aux centaines de milliers de chats et chiens abandonnés et euthanasiés chaque année.



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